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L'Institut du Bosphore dans les médias

Les deux Europe et les deux Turquie

19-09-2013 - Le Figaro

Par Pierre Rousselin

Publié dans les pages « Débat-Opinion » 
 
"(...) Au séminaire annuel de l'Institut du Bosphore, c'est un ministre de second rang, celui du Développement, Cevdet Yilmaz, qui était chargé de faire la leçon au responsable français de passage, Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes. Cevdet Yilmaz a longuement développé la thèse des deux Europe, celle qui « a toujours soutenu » la Turquie dans son entreprise réformatrice, et puis cette autre Europe, « repliée sur elle-même » et ses « préjugés culturels », une Europe « malsaine pour elle-même » , à laquelle la Turquie n'aurait, évidemment, « pas intérêt » à se joindre.
 
Personne, en Turquie, ne croit plus à l'adhésion à l'Union européenne. Il n'y a guère que les diplomates européens, qui, sans y souscrire eux-mêmes, entonnent toujours le même air. Pour Thierry Repentin, la deuxième Europe n'existe pas. Mais, puisque son hôte le prend à partie, il invite la Turquie à « être claire, elle aussi » sur sa détermination européenne et à considérer les manifestations de la place Taksim, comme « une occasion de renforcer la démocratie » alors qu'elles accélèrent, bien au contraire, la dérive autoritaire du premier ministre.(...)
 
« Ce subterfuge n'est plus un levier pour favoriser les réformes en Turquie », s'indigne Kemal Dervis, coprésident de l'Institut du Bosphore avec Anne Lauvergeon. L'ancien ministre des Finances turc développe sa propre vision des « deux Europe » : redonnons à la Turquie un projet européen « crédible » qui la verrait rejoindre une grande Europe, hors Union monétaire et hors Schengen, avec des pays comme le Royaume-Uni, qui refusent le projet d'intégration de la zone euro. « Cette vision devient crédible et renforcera les réformateurs et les démocrates en Turquie. » Le gouvernement Erdogan préfère, lui, maintenir la fiction, en campant sur sa position du « tout ou rien », avec la complicité passive de Bruxelles.(...)"
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