Veuillez cliquer ici pour suivre l'institut du bosphore seminaire annuel

L'Institut du Bosphore dans les médias

Pourquoi la Turquie est un « modèle » pour les pays arabes

04-10-2011 - Le Figaro, Pierre Rousselin

"(...) Pour Osman Korutürk, député du parti d'opposition CHP, la politique extérieure de l'AKP « n'a obtenu aucun résultat positif ». « Ce n'est pas une diplomatie du zéro problème, mais un problème avec beaucoup de zéros. »

Malgré cela, le pouvoir d'attraction de la Turquie dans la région est indéniable. L'AKP, le parti musulman au pouvoir, est parfois présenté comme un « modèle » à suivre par les islamistes des pays arabes, mais c'est surtout le processus ayant permis d'intégrer l'islam dans la politique turque, qui peut servir de source d'inspiration, a souligné Gilles Kepel, lors du séminaire annuel de l'Institut du Bosphore à Istanbul.

« La Turquie a eu la chance de vivre ce processus depuis longtemps, au sein d'un système politique dont la légitimité est reconnue », explique Soli Özel, professeur à l'université Kadir Has.

Pour Gilles Kepel, de l'Institut d'Études politiques de Paris, « l'AKP est une conséquence. Ce n'est pas la cause. Son existence témoigne de la capacité d'une société à faire émerger une classe moyenne d'entrepreneurs. Cela existe-t-il dans le monde arabe ? En Tunisie, oui.  »

La Saoudienne Madawi al-Rasheed, professeur au King's College de Londres, s'interroge, elle aussi, sur le pouvoir d'attraction d'une Turquie qui ressemble parfois à un « pastiche moderniste ». La réponse se trouve dans le succès économique et dans l'efficacité du système politique, qui avec le triomphe de l'AKP aux législatives de juin a apporté une stabilité enviable au pouvoir actuel.

Les pays arabes peuvent-ils suivre la même voie ? Pour Madawi al-Rasheed, ils ont quelques obstacles à surmonter : il leur manque souvent l'ouverture sur le monde, que la Turquie a su conserver de son passé ottoman, une tradition militaire laïque, qui existe toutefois en Tunisie et en Égypte, une Constitution démocratique et, enfin, la pratique d'une politique visant à transformer la société. (....)

Pour Soli Özel, «  en se rapprochant de l'Occident tout en prenant ses distances avec Israël, la Turquie suggère une voie qui peut servir les intérêts occidentaux  ». C'est une vision optimiste mais elle a le mérite de donner une cohérence à la diplomatie turque."

Mécène Principal
axa
Mécènes Institutionnels
Plan Du Site